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Les habitants d’une maison à énergie positive allient performances et confort ressenti

Les habitants d’une maison à énergie positive allient performances et confort ressenti

A l’horizon 2020, toutes les maisons nouvellement construites seront à énergie positive. Les constructeurs s’y préparent depuis plusieurs années avec le projet Comepos et des habitants occupent déjà certaines maisons depuis un an. Retour d’expériences.

Les habitants d’une maison à énergie positive allient performances et confort ressenti

Comepos, nom de code pour tester la maison à énergie positive

Comepos est l’acronyme de « Conception et construction Optimisée de Maisons à Energie POSitive ». Depuis 2013, ce projet permet de tester l’impact énergétique et l’empreinte carbone de différents prototypes de maisons à énergie positive : modes de construction, climat et modes de vie des habitants  sont analysés et font l’objet d’un suivi régulier. L’originalité de la démarche est son mode collaboratif : elle allie constructeurs de maisons, organismes de recherche académique tels le CEA, le CNRS, le CSTB, des industriels, un bureau d’études mais aussi veut mesurer les usages et le confort de ses occupants.

La collaboration des compétences des constructeurs, des industriels, des scientifiques est novatrice mais essentielle. Celle de mesurer les usages des résidents et évaluer leur sentiment de confort dans ces maisons avait fait défaut dans la RT 2012. Désormais, l’innovation est partagée ».

Patrick Vandromme, président de LCA/FFB

Des pionniers de la maison à énergie positive dans diverses régions

Le projet Comepos porte sur une vingtaine de maisons. A ce jour, neuf maisons sont achetées et habitées. L’enquête réalisée auprès des occupants s’appuie sur des situations très différentes en termes géographique avec des maisons construites à la montagne, dans le sud-est ou sud-ouest, dans le nord, en région parisienne, mais aussi en termes architectural et technique, des profils de constructeurs et d’habitants. Ainsi, sont interrogés des profils différents d’acquéreurs en termes d’âge, de composition de la famille, de classes sociales. Mais ils se retrouvent sur un point : une sensibilité environnementale et technique tout en gardant un équilibre entre les nouvelles pratiques et le confort.

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En montagne, Chamois Constructeurs allie le confort à la sobriété énergétique. ©DR

Bon à savoir

Pour expérimenter, il faut un cadre de vie réelle. Plusieurs  constructeurs se sont prêtés au jeu : Chamois Constructeurs, Maisons Extraco, IGC, Maisons France Confort, Maisons Hanau, Maisons Pierre, Mas Provence, TradiMaisons, Trecobat.

Des techniques pour le service, mais un confort ressenti revendiqué

Il ressort de cette expérimentation que pour les occupants de la maison, la production d’énergie, caractéristique de la maison à énergie positive, n’est pas une fin en soi. C’est manifestement le confort et l’articulation entre les systèmes techniques et l’aménagement de l’espace qui importent :

  • Une amélioration des espaces à vivre et du confort ressenti. Les occupants attendent du confort thermique, acoustique mais aussi au niveau de la luminosité, de la qualité de l’air intérieur au sein d’espaces à vivre ouverts, modulables et fonctionnels
  • Un service technique, complément d’un confort ressenti. Rien ne sert d’avoir une gêne sonore due à une pompe à chaleur ronflant sous la chambre parentale ou à une ventilation soufflant près de la chambre des enfants dès qu’ils laissent la porte ouverte.
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Des briques performantes, de la laine minérale, du vitrage à faible émissivité  pour cette maison IGC en Aquitaine. ©DR

Le système technique doit proposer des moyens de régulation et ne pas se substituer aux habitants ».

Lydie Laigle, chercheuse et sociologue au CSTB

Des pistes pour améliorer ces « maisons témoins » positives

Pour réussir le défi de la transition énergétique à l’échelle de la maison neuve, il faut conjuguer la transition du cadre bâti attentive au confort (grandes baies vitrées, puits de lumière, cuisines ouvertes…), des systèmes techniques énergétiques (panneaux, pompe à chaleur air-air, batteries…) et transitions des pratiques d’usage (connectivité des équipements, services de gestion énergétique). Plusieurs pistes sont explorées :

  • Laisser une marge de manœuvre et d’initiative à l’habitant pour réguler et créer son confort.
  • Configurer avec l’occupant un profil énergétique de sa maison en fonction de ses attentes, de sa famille.
  • Eviter une trop grande complexité technique des installations.
  • Améliorer l’adaptation de la maison et des systèmes techniques aux à-coups ou aux variations du climat.
  • Accompagner les habitants de la maison aux utilisations des systèmes installés en intégrant un service après vente.
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Béton cellulaire, plancher sur vide sanitaire pour cette maison expérimentale du Bas-Rhin. ©DR

 L’habitant a la possibilité  de comprendre le fonctionnement de sa maison pour en réduire les consommations et augmenter son confort par un comportement ajusté ».

Etienne Wurtz, directeur de recherche au CEA