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Grégory Monod : « La rénovation seule ne répondra pas à la demande de logements en France »

Grégory Monod : « La rénovation seule ne répondra pas à la demande de logements en France »

La construction se stabilise en France et le bilan du marché en 2019 a été positif. Aujourd'hui, quelle est la tendance? Quelles sont les évolutions réglementaires pour la construction et la rénovation ? Grégory Monod, président de LCA-FFB, répond à toutes ces questions.

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Quel est l’état du marché de la construction en France ?

Grégory Monod. Aujourd’hui, le marché de la construction neuve représente à peu près 250 000 à 300 000 logements en fonction des catégories. Chez nos adhérents, nous représentons à peu près 100 000 logements répartis essentiellement sur de la maison individuelle et sur de la promotion immobilière, autour de 20 % de ce qui peut être produit au niveau national et sur la rénovation, où nous avons moins de chiffres à cause de la difficulté à quantifier, environ 25 % de nos adhérents ont une activité de rénovation, embellissement et autre.

Quelles sont les tendances de ces dernières années ?

Les tendances évoluent en fonction de plusieurs facteurs. Il y a les facteurs politiques : on a vu qu’en fonction de l’accompagnement des plus modestes dans l’accession à la propriété, on a des évolutions en termes de chiffres. On va aussi avoir des évolutions en termes de réglementation, avec la RE 2020 devrait être appliquée dans les prochaines années, même si les contours sont encore à définir. Cela va faire évoluer notre manière de construire parce qu’on ne raisonne plus sur la partie environnementale, on raisonne aussi sur l’émission de CO2, et c’est une nouveauté pour nous.

Quel est l’impact du prolongement du PTZ en zone B2 et C ?

Il y a déjà eu un impact rassurant dans la mesure où il y a beaucoup de psychologie dans un acte d’achat. Or, le primo-accédant se sent beaucoup plus encadré et rassuré s’il y a un dispositif d’accompagnement. Il est vrai que le Prêt à Taux Zéro, au vu des taux actuels, peut interroger. On peut se demander s’il a toujours un intérêt. Et il y a bel et bien un intérêt par rapport aux différés de paiement, il est donc maintenu pour 2020. Nous avons vu sur la fin d’année dernière une petite accélération des ventes parce qu’on ne savait pas trop s’il allait être maintenu en 2020 et l’année s’est plutôt bien passée. Cette année, nous pensons que ça sera beaucoup plus stable malgré le maintien du PTZ. Nous sommes beaucoup plus inquiets sur les recommandations du HCFS qui ont été faites autour de l’endettement maximum de 33 % des acquéreurs et de la durée maximale d’emprunt de 25 ans, car nous pensons que cela risque de freiner davantage le marché et l’accès à la propriété pour les plus modestes.

Bon à savoir

La LCA-FFB représente le logement sous toutes ses formes au sein de la Fédération Française du Bâtiment : la maison individuelle, la promotion immobilière, l’aménagement et la rénovation de l’existant.

Que pensez-vous des aides à l'achat et des dispositifs ?

On a toujours eu, en France, un système d’accompagnement à l’acquisition mais aussi à l’investissement sur différents dispositifs. Par exemple, nous estimons aujourd’hui que le dispositif Pinel est un dispositif mature, qui fonctionne très bien. Il y a une envolée sociale avec une limitation des loyers, avec un plafond des revenus au niveau des locataires, ainsi qu’un nombre et un montant réalisable pour les investisseurs chaque année qui est limité. Dans ces conditions cela fonctionne, donc nous pensons qu’il est toujours important de conserver des dispositifs. Ce que nous souhaitons, c’est que ceux-ci soient envisagés davantage sur le long terme : on est souvent dans le ON/OFF et malheureusement, le logement est une variable d’ajustement budgétaire de Bercy. Pour nous, c’est donc difficile de se projeter, mais c’est le cas également pour le consommateur.

Quelle est votre vision de la rénovation ?

Sur la rénovation, il est vrai que les constructeurs, d’une façon générale, se sont adaptés à l’ensemble des évolutions. Ils sont venus aussi à la promotion sur les plus petites unités via de l’habitat intermédiaire, donc de la densification plus douce, et ils vont aussi sur ce métier de la rénovation. La rénovation à elle seule, n’arrivera pas à répondre aux besoins en logements en France. C’est donc une pierre à l’édifice, c’est très bien qu’on accompagne la rénovation, mais on ne pourra pas répondre à la demande grandissante sur ce segment-là uniquement par la rénovation. Donc qu’est-ce que qui est réellement mobilisable ? Vous faites un petit tour de France, et vous voyez dans toutes les campagnes des logements qui sont des logements d’après-guerre, qui n’ont jamais évolué : ce ne sont pas des logements mobilisables, car il s’agit de rénovation lourde qui coûtera très cher et qui ne répondra pas à la demande et aux moyens du primo-accédant.

Bon à savoir

La future réglementation RE 2020 visera à diminuer l’impact carbone des bâtiments, à poursuivre l’amélioration de leur performance énergétique et à garantir la fraicheur pendant les étés caniculaires.

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